EDITIONS DE TOURNADIEU

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CHANGER

Généralement, nous pensons que changer veut dire : devenir fort. En ce qui nous concerne, écartons tout de suite un malentendu possible. Nous ne travaillons pas pour changer, mais pour nous connaître. En effet, il ne s'agit pas de changer quelque chose en nous parce que nous considérons que c'est « bien » ou « mal ». Ce jugement n'a aucune valeur.

Tout nous dirige et nous reportons souvent la faute sur ce qui vient de l'extérieur. C'est la façon mécanique dont nous prenons tout ce qui nous arrive, à moins qu'il n'y ait quelque chose d'autre, qui peu à peu devient le sens profond de notre vie et prend de plus en plus d'importance. Le temps qu'on y met importe peu, pourvu que l'on pénètre dans la connaissance réelle de nous-même. Quand nous voyons quelque chose qui nous paraît faux, indésirable, essayons de ne rien changer tout de suite. Si nous désirons un changement, nous devons d'abord apprendre à contenir nos énergies. Ce n'est pas dans le but d'une maîtrise, mais dans celui de tenir compte d'une certaine réalité en nous-même.

Ce qui est en haut ne veut rien abolir mais connaître, savoir de quoi est fait ce qui est là, connaître la vérité. Il est beaucoup plus difficile d'accepter ce qui est là que de chercher à l'abolir, ce qui serait une illusion puisque rien ne serait aboli, simplement nous aurions cessé de le voir. Par exemple, si nous dépensons beaucoup d'énergie en réactions émotionnelles, la première condition à respecter est de ne pas laisser notre énergie partir par habitude, par faiblesse.

Tout changement intérieur d'attitude résulte de la lutte entre deux forces opposées. Cette rencontre requiert notre attention. C'est un acte fondamental dans le travail de Monsieur Gurdjieff. Si cela n'est pas possible, alors rien ne peut réellement changer. En nous, toute pensée passive, mécanique, tout sentiment ordinaire s'inscrivent contre le rassemblement de cette attention.